La dépersonnalisation, éthique et politique


Résumé : Les combats politiques continuent massivement d’être captés par la figure de l’Etat et surtout pour en revendiquer l’amélioration. En 1978, Foucault annonçait pourtant des formes de résistance différentes, comme dissolutions créatrices et microscopiques de l’état des choses.

Un des points essentiels de ce déplacement des résistances implique un lien intime entre éthique et politique dans la mesure où la gouvernementalité moderne passe par des aller-retour incessants qui lient l’individu à la masse et produisent la masse à partir des individus.

Le nœud de ce processus de normalisation est la personnalité comme structure réglée de l’existence individuelle. Tout déplacement politique suppose donc un mouvement de déprise de soi comme structure de personnalité, une dépersonnalisation. Et cela est tout aussi vrai pour les personnalisations militantes vécues comme subversives.

Ne plus croire en la nécessité de ce que nous sommes censés être mais dans notre pouvoir de nous changer nous-mêmes.

Une version plus brève de cet article a paru en 2009 dans le livre collectif coordonné par Alain Jugnon, La révolution qu’il nous faut, laquelle ?, aux éditions Golias.

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A propos Razac

Après des études de philosophie à l'Université Paris 8 dans les années 90 et une période de production d'essais de philosophie politique sur des objets contemporains (le barbelé et la délimitation de l'espace, le zoo et le spectacle de la réalité, la médecine et la "grande santé"). J'ai travaillé pendant huit ans comme enseignant-chercheur au sein de l'Administration Pénitentiaire. C'est dans cette institution disciplinaire que j'ai compris ce que pouvait signifier pour moi la pratique de la philosophie, c'est-à-dire une critique des rationalités de gouvernement à partir des pratiques et dans une perspective résolument anti-autoritaire. Depuis 2014, j'ai intégré l'université de Grenoble comme maître de conférences en philosophie. Je travaille sur la question de l'autorité politique, sur les notions de société du spectacle et de société du contrôle. J'essaie également de porter, avec les étudiants, des projets de philosophie appliquée déconstruisant les pratiques de pouvoir. Enfin, nous tentons de faire vivre un réseau de "philosophie plébéienne", anti-patricienne donc, mais aussi en recherche de relations avec tous nos camarades artisans de la critique sociale.

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